Crédits Photo : Acclab Congo

Le PNUD au Congo s’emploie à appuyer les acteurs du secteur informel, pour faciliter leur résistance face aux effets de la pandémie liée à la COVID-19. Cet appui est justifié par la capacité du secteur à résorber le chômage de masse dans le pays, et par le volume de son chiffre d’affaires annuel, estimé à plus de 3000 milliards de FCFA. À cette fin, la mise en place par le Bureau pays d’un mécanisme de gestion d’un Fonds de crédits Revolving en faveur de ces acteurs, a été acté par un accord avec le Ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Artisanat et du Secteur Informel. 

Par conséquent, l’équipe AccLab Congo s’est rendue en immersion auprès des acteurs du secteur informel à Brazzaville pendant la période du 18 au 31 août. Cette descente vise la capitalisation des pratiques et tendances financières du secteur, via les solutions développées pour mieux orienter la mise en place du mécanisme de gestion de ce Fonds. 

Brazzaville notre échantillon !  

Selon les données numériques du rapport de la cartographie du secteur informel au Congo (http://www.csic2018.grhif.com), notre capitale regorge près de la moitié d’employés (46%) du secteur dans le pays. D’où le choix du AccLab, de s’y déployer exclusivement.

Cette mission de cartographie sur le terrain, menée dans les grands marchés de Brazzaville et auprès des incubateurs, startups, microfinances et banques commerciales , nous a permis d’en savoir un peu plus sur les difficultés auxquelles sont confrontés ces acteurs quotidiennement. 


Les difficultés rencontrées par les acteurs, un frein au relèvement du secteur informel

Les acteurs du secteur en général, font principalement face à un accès très limité aux crédits à cause de leur manque de structure, de formation entrepreneuriale et de leur incapacité à fournir des garanties financières et matérielles aux entités financières. Nous avons constaté qu’il existe une mésentente entre les commerçants et certains établissements de microfinances. Ceux-ci leurs exigent des cautions avant même d’obtenir le crédit.

Ces cautions ne leur sont rétrocédées par certaines microfinances, même lorsque les prêts sont bien remboursés.

À l’inverse, certaines microfinances ont du mal à s’établir dans les marchés de la ville par manque de garanties aux commerçants. La pression fiscalo-douanière exercée sur ces acteurs, à travers le niveau de taxation de leurs activités par les services de l’Etat, dépasse parfois leurs chiffres d’affaires. L’absence de l’Etat sur toute la chaîne d’accompagnement des acteurs de ce secteur en est un goulot d’étranglement majeur.

Pour mieux approcher ces défis, certaines solutions à majorité financières développées, ont été cartographiées au cours de cette mission. Elles ont permis d’observer les évolutions dans le financement du secteur informel au Congo afin de contribuer efficacement au mécanisme du Fonds de crédit Revolving du PNUD.

Les pratiques et tendances émergentes dans le financement du secteur informel au Congo

Nous avons épinglé certaines pratiques et tendances financières dans ce secteur, à travers les solutions innovantes et basiques, collectées à cette occasion et qui se présentent comme suit :

  1. développés par des établissements de microfinance à Brazzaville Les crédits solidaires, les microcrédits solidaires : il s’agit d’un groupe de gens de même proximité sociale en général ou de même activité en particulier, qui prennent en commun un crédit avec des clauses de cautionnement solidaire entre eux. Quatre  solutions  innovantes ont été cartographiées dans ce cadre, à savoir : les plateformes numériques de gestion des services financiers (crédit solidaire et WUDEF), et deux mécanismes de microcrédits solidaire(HOPE CONGO S.A et CAPPED).
  2. Les prêts des Associations des commerçants et vendeurs aux petits commerces  
  3. Les financements et autofinancements en nature (prêts de marchandises des grossistes aux détaillants ou l’approche de sécurisation des fonds de commerce dans les marchandises entre livraisons). Plusieurs solutions ont été cartographiées à ce sujet.
  4. Les tontines et ristournes : mécanismes traditionnels d’épargne ou de placement auprès des particuliers, à titre individuel ou collectif.
  5. Les approches de sécurité sociale entre acteurs via des cotisations à caractère obligatoire

Au total dix-sept (17) solutions ont été cartographiées durant ces dix jours. D’autres sont développées sous forme des services de transfert de fonds, des comptes de téléphonie mobile vers les comptes bancaires entre sociétaires. Un FABLAB est aussi en création au Congo, pour accélérer la vitesse de travail de certaines catégories d’acteurs du secteur informel.

L’accompagnement de l’Etat s’avère plus qu’urgent. Un partenariat avec des structures privées intermédiaires telles que les cabinets pour encadrer les acteurs du secteur informel, rassurerait les établissements financiers pourvoyeurs de crédits.     

Une session de filtrage des solutions cartographiées et de classification suivant leur niveau de maturité, en collaboration avec les partenaires sera organisée.

 

Par Matt SEINZOR, Responsable de la Cartographie -AccLab Congo

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