Une table au marché

Le choc de la crise sanitaire actuelle a ralenti la croissance de l'Afrique subsaharienne et a eu de graves répercussions économiques et sociales. L'Afrique subsaharienne a perdu près d'une décennie d'acquis en matière de développement et est confrontée à un risque d’accroissement des inégalités même entre les pays, les zones urbaines et rurales, les riches et les pauvres, les hommes et les femmes.

La pandémie du COVID19 n’a pas épargné la République du Congo. La persistance des mesures gouvernementales de riposte venues s’ajouter à une situation socio-économique nationale déjà fragile, a considérablement réduit l’activité de plusieurs secteurs économiques du Congo. Le secteur informel, du fait de la grande vulnérabilité de ses acteurs, reste incontestablement le plus touché par cette crise. Beaucoup d’acteurs ont disparu, certains résistent et d’autres se sont adaptés. Les statistiques révèlent que 88.3% des unités économiques informelles n’ont pas pu payer leurs salariés pendant le confinement et près de 50% des unités économiques informelles ont baissé leurs activités consécutivement à l’instauration du port du masque obligatoire et aux mesures de distanciation physique.

En accord avec le mandat du PNUD au Congo, l'équipe du AccLab a retenu de se focaliser sur les problèmes de « développement du secteur informel congolais » mais en particulier sur la problématique « de résilience des acteurs du secteur informel congolais face aux crises ». Le défi consiste ainsi à ccontribuer à la réduction de la vulnérabilité des acteurs de ce secteur en identifiant des solutions locales innovantes permettant d’initier durablement leur relèvement post-covid19 d’une part et de renforcer leur capacité de résilience face aux crises de l’autre. Ces solutions cartographiées seront ensuite évaluées afin d’étalonner leur potentiel opérationnel avant la phase d’expérimentation.

Visite auprés de la coordonnatrice du PCPA Congo

Élément clé de la résilience organisationnelle, le sensemaking est le processus par lequel les travaux d’exploration ont initié concrètement la recherche de solutions innovantes répondant à la complexité du défi de développement proposé. Il a débuté par l’analyse exploratoire théorique qui a permis à l’équipe du Laboratoire d’accélération d’obtenir, sur la base de recherches bibliographiques et de données empiriques, une ébauche de la problématique de résilience des acteurs du secteur informel face aux crises. Un premier recensement des parties prenantes actives a été réalisé, complété par l’inventaire de quelques innovations sociales déjà mises en œuvre par ces acteurs pour faire face à la problématique posée. En somme, cette enquête préparatoire a conduit à la rencontre de 12 acteurs regroupés en 5 catégories : les organismes d’aide au développement, les Incubateurs/Labs, les Universitaires, les Organes des Nations Unies et la société civile. Près de trente-trois (33) pistes de solutions ont été identifiées auprès de ces parties prenantes qui interviennent de près comme de loin et selon des approches distinctes en faveur du secteur informel. De la mise à disposition de solutions technologiques pour les artisans ruraux à la création d’une ligne de crédit de proximité à taux zéro, en passant par le projet de Laboratoire d’initiatives pour la jeunesse, on peut déjà affirmer que des solutions en faveur du secteur informel existent et ne demandent qu’à être mises en valeur. Il faut noter que les Incubateurs et Labs se sont véritablement démarqués des autres catégories par la jeunesse de leurs promoteurs et le caractère innovant de leur approche s’appuyant sur les nouvelles technologies de l’information et des outils d’accompagnement alignés aux techniques modernes de gestion des ressources humaines : hébergement de société, développement personnel, ingénierie sociale...

La valeur ajoutée du Acclab Congo reposera désormais sur sa capacité à interconnecter les différents acteurs du secteur informel via des séances d’intelligence collective, spécifiquement à servir de lien entre les besoins de ces acteurs vulnérables et ces solutions locales efficaces déjà existantes ou en phase de conception. Sur la base des forces et faiblesses mises en évidence, les conclusions de cette phase préparatoire montrent que le secteur informel congolais est un véritable vivier de main d’œuvre avec une grande capacité d’adaptation et de reconversion mais d’énormes lacunes organisationnelles. Ces déficiences se sont accrues avec l’apparition de la maladie et la crise sanitaire qu’elle a entrainée, affectant considérablement les moyens de subsistance des acteurs. Malgré une pression fiscale pesante et inadéquate, le secteur informel congolais demeure un milieu à fort impact social pour les activités génératrices de revenus et un réel secteur d’apprentissage professionnel pour les jeunes demandeurs d’emplois.

  Par Arold Akpwabot, Analyste exploration 

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