Lorsque j’ai reçu le courrier du Représentant Résident  du PNUD au Congo Brazzaville, me notifiant mon recrutement au PNUD, en qualité de responsable de la cartographie des solutions au AccLab du bureau pays, il y a un mois, ma première fille de 18 ans s’est écriée ‘’Papa cette fonction te correspond bien, car tu as la maîtrise des notions de cartographie, à savoir, les échelles topographiques, les courbes de niveau, les gisements, les azimuts, les profils topographiques et des instruments d’orientation comme la boussole, le GPS etc.’’. Sa remarque était bien fondée et en lien avec ses cours de niveau BAC en Sciences de la vie et de la Terre, sur lesquels, j’ai beaucoup travaillé avec elle.

C’est un exemple réel qui permet de percevoir la compréhension générale de la notion de cartographie. A moi de lui répondre que le cadre précis de cette fonction de cartographe, s’inscrit à des années lumières des exploits précurseurs de Mercator et du progrès de cette science d’orientation terrestre, dont l’évolution à travers la technologie a mené l’être humain à une meilleure connaissance de l’univers.

Des solutions frugales

Loin de la complexité des découvertes de Mercator et des coordonnées géographiques, la cartographie des solutions innovantes du développement dont la frugalité fait office d’exigence directrice, est l’une des principales méthodologies de travail des AccLabs. Cette approche vise à permettre une immersion plus profonde dans la dynamique des communautés locales afin de travailler avec les innovateurs ayant relevé certains des défis sociaux les plus urgents dans leurs communautés. Ces innovations de base sont à cet effet, l’expression d’un besoin basé sur une connaissance empirique et approfondie du problème qui n’est souvent pas abordé par les gouvernements, les ONG et les autres acteurs du développement.

Le cartographe des solutions innovantes a pour rôle central de reporter ces solutions dans une base de données et de la gérer.

Une base de données en rénovation

A ma prise de fonction au AccLab, j’ai trouvé une base de données d’environ 250 solutions. La mission qui m’est assignée par le management, est de la mettre à jour car celle-ci recense toutes ces solutions.

Au premier constat, j’ai remarqué qu’il y avait dans ce document, des solutions en double et que certains titres de solutions portaient parfois à confusion avec les noms des ateliers artisanaux ou de micro-entreprises à l’origine de ces innovations. Autres constats faits révèlent que les niveaux de maturité des solutions permettant de les classer et les hiérarchiser suivant un ordre propice à l’expérimentation, les problèmes ayant conduit à générer ces innovations, les typologies de partenariats suivant les stades d’évolution de ces solutions, n’étaient pas clairement mentionnés.

En réponse à ces constats, j’ai monté une nouvelle base de données qui assurément, ne reprendra pas l’intégralité des 250 solutions, en procédant comme suit :

·        le toilettage des solutions de l’ancienne base de données,

·        une répartition des solutions suivant leurs années de conception (2020 et 2021), et selon leurs secteurs (environnement, énergie, éducation, nouvelles technologies etc.),

·        définition des titres de solutions proprement dits en expressions littérales, en conformité avec la présentation du profil d’une solution selon le modèle du Bureau régional Afrique d’AccLabs.

Certaines rubriques sont ajoutées à la base de données, tels que les défis ou encore les besoins auxquels les solutions s’attaquent, la description détaillée de chacune, les objectifs stratégiques envisagés par les innovateurs en les concevant, les partenariats et les niveaux de maturité des solutions de celles-ci.

En ce qui concerne leur maturité, les solutions sont désormais classées en trois niveaux, à savoir :

1.      les solutions robustes, celles ayant atteint un stade élevé, c’est-à-dire que sa valeur, son innovation ainsi que les premiers essais réalisés avec satisfaction ont démontré sa faisabilité et un prototype existe ;

2.       les solutions potentielles, elles présentent un fort degré d’utilité et d’innovation mais le concept n’est pas finalisé et testé bien qu’un prototype puisse exister, mais il n’a jamais fait l’objet d’essai.

3.      les solutions embryonnaires, sont celles en phase d’idéation ou d’initiation, car une bonne idée c’est avant tout, une réponse adaptée à un problème bien formulé.

Vers une plateforme de gestion en ligne

Cette nouvelle base de données optimisée sera mise en ligne dans les prochaines semaines à travers une plateforme, un atlas des solutions innovantes du AccLab Congo et dont les axes principaux consisteront à la gestion des enquêtes qui donnera lieu à la mise en place d’un Data Warehouse et à la gestion des solutions innovantes.

Une cérémonie du lancement de cette plateforme sera organisée. 

Auteur : Matt SEINZOR, Responsable de la Cartographie des solutions innovantes -AccLab Congo

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