La gestion de l’environnement urbain est devenue une préoccupation majeure de la plupart des pays en voie de développement. La bonne protection de l’environnement (ODD N° 12) jouant un grand rôle dans la résolution des pressions causées par l’important exode rural observé en République du Congo, le PNUD Congo à travers son Laboratoire d’Accélération a engagé, sur la base de cette thématique, une étude visant à identifier les défis et opportunités affectant les populations locales ainsi que les potentielles solutions mises en place par celles-ci. 

Un exemple de dépotoire anarchique dans les zones urbaines Source: AccLab PNUD Congo

Avec l’appui d’équipes de jeunes étudiants congolais, une mission d’enquête et de collecte de données a été effectuée dans les 3 grandes villes du Congo ; Brazzaville, Pointe-Noire et Dolisie. L’enquête se focalisa sur la gestion de 2 types de déchets (solides et liquides) au sein d’un échantillon de 315 ménages répartis dans les 3 villes et stratifiés dans les quartiers du centre-ville et les ceux périphériques et pour la plupart spontanés. . Elle a permis d’identifier les principales sources de déchets au sein de ces ménages ; la grande majorité des ménages interrogés identifient la majorité de leurs déchets solides comme étant de sources organique (88.3 %) et leurs déchets liquides résultant prioritairement des tâches ménagères (Vaisselle 50.2 % et lessive  30.2 %).

Quelques membre de le mission d'enquête Source: PNUD Congo

Incidemment, elle a aussi permis d’évaluer la technique de prédilection choisie pour disposer des dits déchets ; la majorité des ménages interrogés ayant recours a un type de contenant (seau, bac ou sac plastique) pour le stockage de leurs déchets solides et se débarrassant de leurs eaux usées soit à un endroit dédié dans leur parcelle soit dans la rue. Une grande majorité des ménages de l’enquête affirme ne pas disposer d’une décharge dédiée (déchets solides) ou de caniveaux (pour les eaux usées) dans leurs quartiers (respectivement 63.9 % et 62.5 %). Quelques ménages (25.6 %) ont recours à un service de ramassage des déchets solides opéré en général par des particuliers, d’autres en disposent par leurs propres moyens, le plus souvent dans la rue (14.6 %) posant ainsi un problème de santé publique. Bien que la majorité des ménages participant à l’enquête ne pratique pas le tri de leurs déchets, il a été observé que le réel défi de la gestion des déchets au Congo réside à l’échelle sociale et à la disponibilité de services/moyens publics adaptés. La grande majorité des ménages ayant accès à un service de ramassage public qualifiant le dit service d’irrégulier et regrettant un manque d’orientation et d’éducation dans la gestion efficace de leurs déchets.

Un exemple de canivaux dans certaines zones urbaines

Les résultats de notre exploration ci-dessus succinctement présentés mettent en lumière de nombreuses opportunités pour le développement de services et de solutions innovantes qui aideraient le Congo à se rapprocher des objectifs fixés. La nature organique de la majorité des déchets identifiés présente une opportunité de production de certaines énergies écologiques comme le charbon Bio ou le Bio-gaz ou des engrains Bio destinés à l’agriculture. L’utilisation dominante de sacs et seaux en plastique constitue un vrai défi pour la préservation des sols et nappes phréatiques et ouvre des possibilités de développement d’alternatives de collecte et d’entreposage plus écologiques. L’absence de systèmes d’assainissement collectif et individuel appropriés dans certains quartiers et de services de ramassage de déchets liquides représente aussi une opportunité d’innover sur des moyens d’évacuation des eaux usées à l’échelle des quartiers et des ménages. A ce niveau des partenariats public-privés au niveau local pourraient offrir des opportunités pour offrir des emplois aux jeunes et alléger les collectivités locales qui ont des capacités limitées et les permettre de se focaliser sur leurs missions de base. Enfin, le manque de service et outils éducatifs dans le secteur offre des possibilités de développement en termes de sensibilisation et conscientisation de la population. Tout ceci sans parler des opportunités de recyclage.

Collecte de données

Cette enquête a constitué la base d’une recherche et identification de potentielles solutions déjà mise en place par les populations elles-mêmes ou à même de susciter des innovations. Trois solutions cartographiées nous paraissent pertinentes au niveau traitement et transformation des déchets.

  • WUMELA : produit du charbon avec des déchets agricoles et ménagers usant de méthodes plus responsables garantissant la protection de l'environnement et la réduction de la déforestation
  • Biochar-Congo : production du charbon écologique à partir des déchets ménagers, Production des fertilisants naturels pour les cultures maraîchères.
  • Gestion des déchets ménagers : production du bio gaz (butane) à partir des déchets organiques des ménages.

Il reste entendu qu’au niveau collecte, des opportunités de partenariats existent avec les municipalités avec des appuis de renforcement de leurs capacités et dans la mise en place de cadre favorable aux partenariats public-privés au niveau municipal avec les petites et micro-entreprises et créer ainsi des opportunités d’emplois.

Les prochaines étapes sur le volet traitement, vont consister à l’établissement des fiches de rétro-ingénierie afin de transmettre à l’expérimentation les différents éléments à développer et tester en vue d’une mise à l’échelle efficace et d’une gestion des déchets plus adaptée et écologique au Congo.  

Sur le volet collecte des déchets, une sensibilisation et appui en renforcement des capacités des collectivités locales permettraient de créer des opportunités de partenariats inclusifs entre les acteurs étatiques et non étatiques aussi bien formels qu’informels et contribuer ainsi à la relance des économies locales.

AccLab Congo et Communication PNUD 

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