Promotion de la participation des femmes dans les mécanismes de prévention des conflits et la consolidation de la paix

21 nov. 2017

Déplacés du Pool au Congo

Allocution de Monsieur Mohamed Abchir Représentant Résident ai PNUD

Cérémonie d’ouverture de la Réunion sur la promotion de la participation des femmes dans les mécanismes de prévention des conflits et la consolidation de la paix en Centrafrique, en RDC et au Congo

Brazzaville, le 21 novembre 2017 -  Hôtel Radison Blu


Excellence Monsieur le Ministre d’Etat, Ministre de l’économie, de l’industrie et du portefeuille public, représentant le Premier ministre, chef du gouvernement
Madame la Ministre de la Promotion de la Femme et de l’Intégration de la Femme au Développement
Mesdames les ministres en charge de la promotion de la femme en République Centrafricaine et en RDC,
Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,

Je prends la parole du haut de cette tribune, pour exprimer à cet auguste assemblé, au nom de M.  Anthony Ohemeng-Boamah, Coordonnateur Résident du Système des Nations Unies et Représentant Résident du PNUD en mission, son message sur un sujet combien important, à savoir, la participation des femmes dans les mécanismes de prévention des conflits et la consolidation de la paix en Centrafrique, en RDC et en République du Congo.


La participation des femmes dans les mécanismes de prévention des conflits et la consolidation de la paix est une question tellement importante au plan international qu’elle a fait l’objet de la Résolution 13 25 du Conseil de sécurité de l’ONU sur les femmes, la paix et la sécurité adoptée le 31 octobre de l’année 2000.

Ramené au contexte sous-régional de l’Afrique Centrale et au contexte national de la République du Congo, l’importance du sujet se confirme au regard des conflits auxquels les trois pays ont été ou sont confrontés, qui ont des conséquences graves sur les femmes et les filles.

Ici, je dois relever aussi les nombreuses actions hautement louables et multiformes, qui ont été engagées par les gouvernements respectifs et la communauté internationale dans la recherche de solutions de paix, notamment en RCA et en RDC.  Mais force est de constater que les résultats restent encore en deçà de leur but ultime à savoir, la fin des conflits et le retour à la paix définitive et durable.  

Excellence Monsieur le Ministre d’Etat,
Mesdames les Ministres,
Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,

D’aucuns pourraient se demander si ce n’est pas parce qu’il manque, entre autres, une touche aux approches de solutions en cours. Je voudrais dire, la femme sans laquelle une paix durable ne peut être envisagée.

En effet, dans la quasi-totalité des cas, les femmes sont généralement tenues à l’écart des mécanismes et des processus de résolution des conflits par les hommes qui les jugent certainement, et à tort, moins aptes à se joindre à eux et à apporter une contribution pertinente. Quand bien même le fait que les conflits affectent plus durement les femmes, ce qui devrait justifier leur implication dans leur résolution et aussi dans leur prévention. Dans la Région du Pool, qui nous concerne directement, sur 131 000 déplacés recensés par le Ministère des Affaires Sociales et de l’Action Humanitaire au mois de mai, plus de 50 % sont des femmes.  Il est erroné de persister dans un tel raisonnement au regard de ce que les femmes, les mères, jouent comme rôle dans le règlement des conflits au sein des familles, dans les sociétés traditionnelles et même dans les sociétés modernes, sur les lieux de travail par exemple.   

Pour illustrer cela, le rapport 2016 du PNUD sur le développement humain note que malgré les « progrès considérables accomplis en matière de conception d’une architecture de paix et de sécurité qui réponde à la fois aux besoins des hommes et des femmes… on constate une absence ou une insuffisance de représentation et de participation des femmes dans la plupart des processus officiels de médiation, de négociation et de signature d’accords de paix.

De son côté, ONUFEMME reconnait que quand les femmes dirigent et participent aux processus de paix, celle-ci (c’est-à-dire la paix) dure plus longtemps

En effet, le Rapport 2016 du PNUD sur le Développement Humain en Afrique, rapporte les conclusions des études sur la façon dont elles ont pris part à la résolution de conflits dans plusieurs pays africains, comme le Libéria, le Rwanda, l’Ouganda, le Nigéria, la Sierra Leone et l’Afrique du Sud en jouant un rôle actif de militantes pacifistes, qui fait que les femmes n’y sont plus présentées comme des victimes, mais comme des actrices du changement social, en dépit de circonstances difficiles, complexes et adverses. Dans ces pays, les femmes n’ont eu sans cesse de mettre à profit le crédit moral que leur confère leur statut de mères et de créatrices de la vie pour revendiquer et concevoir des stratégies en faveur de la paix.

Le Rapport contient une étude réalisée dans une quinzaine de pays africains montrant comment les femmes se sont impliquées avec plus de succès à des degrés divers dans le règlement des conflits aux côtés des hommes, soit comme signataires des accords de paix, soit comme témoins, soit encore comme membres des panels des négociations, bien que le nombre de ces pays a été jusqu’ici très limité. Par exemple, au Kenya, elles furent 25 % des membres du groupe de négociation et 33 % des médiateurs de l’Accord de Nairobi sur les principes de partenariat du gouvernement de coalition en 2008 ; plus près de nous, en RDC, elles furent 20 % de l’équipe des médiateurs, 12 % de l’équipe des négociateurs et 5 % des signataires de l’Accord de Sun City en 2003 et 5% des signataires de l’Acte d’engagement de Goma pour le Nord-Kivu en 2008.

D’ailleurs, Mesdames, Messieurs, dans son Rapport sur le développement humain en Afrique cité plus haut, le PNUD préconise que le défi dans ce domaine consiste à aller au-delà de la simple intégration des femmes dans les processus de paix en ouvrant la voie à l’identification, à la reconnaissance et au renforcement des différentes formes d’action politique non violente menées par les femmes, en tenant compte des points de vue représentatifs des différents groupes de femmes.

Impliquer les Femmes augmente les chances de réussite d’un processus de paix de plus de 25%, selon le même rapport.

C’est pour cela que dans la résolution 13 25 mentionnée plus haut, le Conseil de sécurité des Nations Unies, demande instamment aux Etats membres de veiller à renforcer la représentation des femmes à tous les niveaux de la prise de décisions, au sein des institutions nationales, régionales et internationales, et dans le cadre des mécanismes de prévention, de gestion et de règlement des conflits. Les Etats membres doivent chacun élaborer et mettre en œuvre un plan national de mise en œuvre de la résolution.

Pour sa part, le Secrétaire Général des Nations Unies, dans son Rapport pour 2017 fait ressortir que la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) passe par la pleine mise en œuvre du programme afférent aux femmes, à la paix et à la sécurité. Les six recommandations du rapport sont accompagnées d’une feuille de route prévoyant entre autres de placer fermement le genre au centre du programme de prévention de l’ONU, d’investir dans des analyses de qualité sur le genre et les conflits.

C’est ainsi que le PNUD, a conduit un plaidoyer auprès du Ministère de la Promotion de la Femme et de l’Intégration de la Femme au Développement, pour l’élaboration et la mise en œuvre du Plan d’Action national d’application de la Résolution.

Le PNUD, le SNUet le Ministère ont également pour objectif la mise en œuvre du programme de promotion du leadership féminin en politique et dans la vie publique, dont l’objectif poursuivi est l’amélioration de l’accès de la femme congolaise dans les sphères de prise de décisions, y compris dans les sphères ou mécanismes de décision relatives à la gestion et la prévention des conflits. Ici aussi, la crise du Pool offre une opportunité réelle de réaliser les engagements prévus. Tout devra être fait, afin que les femmes intègrent les dispositifs actuellement mis en place pour la recherche des solutions de sortie de la crise, conformément aux déclarations faites ces derniers temps par le Président de la République et par certaines hautes autorités nationales.

Le PNUD et les autres agences du Système des Nations Unies ne ménageront aucun effort pour accompagner le Gouvernement dans ce sens, s’ils sont formellement sollicités.
   
Je ne saurais terminer mon propos sans dire un grand merci au Gouvernement de la République du Congo pour la confiance qu’il ne cesse de témoigner au système des nations unies en général et au PNUD en particulier. Puisse la coopération entre les deux Parties, aller de l’avant, pour le bien être des populations congolaises.

Je vous remercie.

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