Cérémonie de lancement du rapport économique sur l'Afrique 2014 : « Politique industrielle dynamique en Afrique »

12 juin 2014

Excellence, Ministre de la recherche scientifique et de l’innovation technologique,
Excellences, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, Membres du corps diplomatique
Mesdames et Messieurs les représentants des organisations internationales ;
Chers Collègues Chefs d’agences du SNU,
Distingués invités du secteur privé et de la société civile,

Mesdames et Messieurs,

C’est pour moi un grand honneur et un réel plaisir de prendre la parole devant vous à l’occasion de cette cérémonie relative au lancement officiel du Rapport Economique sur l’Afrique en 2014, qui s’intitule «Politique industrielle dynamique en Afrique».

Excellences, Mesdames et Messieurs

Comme vous le savez, le Rapport Economique sur l’Afrique est un rapport annuel conjointement publié par la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA-ONU) et la Commission de l’Union Africaine (CUA).

Le rapport 2014 se veut être la suite du plaidoyer pour l’industrialisation en Afrique, fait dans le rapport 2013 qui a eu pour thème : « Tirer le plus grand profit des produits de base africains: l’industrialisation au service de la croissance, de l’emploi et de la transformation économique». En effet, le rapport 2014 appelle le continent à recentrer ses stratégies de développement économique sur l’industrialisation, en particulier sur les moyens d’élaborer et de mettre en œuvre une politique industrielle efficace.

Car, malgré des taux de croissance relativement soutenus en Afrique ces dernières années, la croissance sur le continent n’est pas inclusive et la transformation structurelle n’est pas au rendez-vous. Cette réalité a signifié pour l’Afrique de faibles productivités de la main d’œuvre ainsi que de faibles créations d’emploi, et une baisse insuffisante du taux de pauvreté.

Or, si l’on observe l’expérience des pays occidentaux dont le développement s’est accéléré aux 18ème et 19ème siècles, leur développement accéléré et soutenu a été sous-tendu par le développement industriel et la productivité qui y est associée.

En République du Congo, d’après les données estimées par la BEAC pour l’année 2012, le secteur secondaire représente moins de 10% de la production totale du PIB (7,8% pour être précis), ce qui représente 487 milliards de FCFA pour un PIB estimé à 6842 milliards. Par ailleurs, si l’on déduit la production de l’eau et de l’électricité, en réalité l’industrie manufacturière ne représente que 3,8% de la production du pays.

Cette situation pourrait être inversée compte tenu des potentialités du Congo pour la transformation de ses ressources naturelles telles que le bois, les dérivées des produits pétroliers, les produits miniers, les produits agricoles, etc. Cela est possible et les partenaires au développement sont disponibles pour apporter l’appui conseil requis, l’assistance  technique nécessaire ainsi que le concours financier approprié.

Heureusement, nous constatons ces derniers temps, que le Congo s’est engagé en faveur de l’industrialisation, avec notamment,  de nombreuses initiatives en cours dans le secteur du ciment, des palmeraies (de l’agro-industrie), etc.  On peut aussi noter la volonté politique fortement manifestée avec des initiatives comme le développement de l’artisanat minier et de l’industrie touristique, l’institution du Haut conseil du dialogue
public-privé, ainsi que la mise en place de partenariat avec des pays du Sud ayant réussi leur politique industrielle à l’instar de l’île Maurice, dont un représentant est venu en visite de travail récemment au Congo.

Excellences, Mesdames et Messieurs,
Le lancement de ce rapport doit être l’occasion de perfectionner la stratégie actuelle d’industrialisation du pays en prenant appui sur les diagnostics et pistes de solutions introduits dans le rapport. En particulier, l’importance d’un pilotage de très haut-niveau, l’établissement d’institutions de suivi et de mise en œuvre d’une politique industrielle efficace.

Une attention soutenue devra également être apportée aux prérequis nécessaires à une industrialisation réussie et soutenable tels que : i) la formation professionnelle pointue de la main d’œuvre, ii) le climat des affaires devant faciliter la création et le développement des entreprises, iii) l’amélioration du cadre judiciaire nécessaire ainsi que le système  bancaire.

Excellences, Mesdames et Messieurs,
Alors que nous nous approchons de l’échéance des OMD en 2015, un projet d’industrialisation favorable à la création d’emploi, à la hausse de la productivité et de la réduction de la pauvreté est fondamental.

Les défis sont certes de taille et les investissements requis considérables. Mais la République du Congo a l’avantage d’avoir les moyens de se permettre ces efforts pour favoriser les investissements du secteur productif à ajouter à ceux importants faits dans les infrastructures. Je voudrais également insister sur le fait que l’industrie de transformation est un des éléments majeurs qui permettra au Congo, non seulement, de diversifier son économie mais d’atteindre son objectif de devenir un pays émergent d’ici 2025.

Avant de clore mon propos, je voudrais vous assurer de l’accompagnement et de l’appui des agences du système des Nations Unies au Gouvernement dans ces différents domaines.

Je vous remercie de votre aimable attention.