Emplois et développement en Afrique Centrale grâce aux Minéraux Négligés

20 sept. 2016

Brazzaville, Congo, 20 septembre 2016 -  Le Groupe des Etats de l'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), l'Union Européenne (UE) et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) lancent aujourd’hui l’Atelier Régional de formation en « Environnement, Communautés, Santé et Sécurité » dans le secteur des Minéraux de Développement Négligés. Cet atelier se déroule en partenariat avec le gouvernement du Congo, l’Union Africaine, la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC) et le Centre Africain de Développement Minier (AMDC).

Le Programme ACP-UE en faveur des Minéraux du Développement est une initiative du Groupe des Etats de l’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), coordonnée par le Secrétariat ACP et financée par l'Union Européenne et le Programme des Nations Unies pour le Développement.

Mis en œuvre par le PNUD, ce Programme vise à soutenir le renforcement des capacités des acteurs clés dans le secteur en Afrique Centrale, tels que : les organismes de réglementation et les administrations locales ; le secteur privé, y compris les petites entreprises minières et de construction, les organisations des miniers et des carriers ; les Centres de formation et les Universités ; les organisations de la société civile et les communautés.

Le Programme mettra l'accent sur la formation et le renforcement des capacités, l’octroi de petites subventions, le développement du partenariat pour la mise à niveau des chaînes de valeur dans le secteur, la facilitation du dialogue public-privé pour renforcer ces chaînes de valeur, la production de cartes et de bases de données sur les minéraux de faible valeur, ainsi que l'appui au renforcement de la règlementation sur l'environnement, la santé et la sécurité.

La croissance économique de l’Afrique, avec le boom des infrastructures et l’urbanisation rapide, sont les vecteurs d’une demande exponentielle de matériaux de construction, de pierres de taille, de minéraux industriels et de pierres semi-précieuses. Selon les estimations, plus de 8 millions d'Africains sont engagés dans le secteur, avec plus de 40 % des femmes dans la main-d’œuvre.

Adoptée par les chefs d’États africains en 2009; la Vision Minière Africaine est la boussole continentale pour la transformation des ressources minières de l’Afrique, le changement structurel des économies minières, aussi bien que la croissance économique tout court.

Le Programme en faveur des Minéraux du Développement est en adéquation avec la Vision Minière Africaine Adoptée par les chefs d’États africains en 2009. La Vision Minière Africaine est la boussole continentale pour la transformation des ressources minières de l’Afrique, le changement structurel des économies, aussi bien que la croissance économique. Cette vision a pour objectif de garantir une utilisation des ressources naturelles de façon durable pour le bien de tous. Il promeut le quatrième pilier de ladite Vision, sur le développement du potentiel de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle, afin de stimuler l’entrepreneuriat local et national, d’améliorer les sources de revenus et de faire progresser le développement socioéconomique intégré.

En dépit de la faible attention qu’ils génèrent comparativement aux métaux précieux ou aux métaux de base, l'importance des minéraux dit de faible valeur est liée au fait d’être des leviers potentiels du développement, renforçant les moyens d'existence de millions de personnes. Avec plus d’égard, le soutien politique et la réglementation, ces minéraux pourraient donc jouer un rôle clé dans la mise en œuvre de l’agenda de croissance inclusive de l'Afrique.

En République du Congo, le sous-secteur des Minéraux de Développement est très peu structuré et sous exploité, en dépit des potentialités des ressources existantes tout comme du marché.
En guise d’exemple, au Congo le PNUD a appuyé le Gouvernement dans la mise en place d’un cadre réglementaire et la structuration de 7 groupements pilotes dans le domaine de l’artisanat minier, qui emploie de nombreuses personnes : ils existent 231 sites d’orpaillage pour 5237 artisans, contre 53 sites d’exploitation du diamant pour 198 artisans. Sur la base de leurs engagements individuels, les artisans se sont aussi organisés en coopératives de production permettant de dynamiser le secteur.

Ces acquis pourraient servir d’inspiration et paver la voie à l’organisation et la structuration viable du sous-secteur des Minéraux Négligés, dont le potentiel de création d’emplois reste considérable au regard des importantes possibilités d’exploitation, de transformation et de consommation locales des produits dérivés existantes.

L’atelier s’inscrit dans le cadre d’un Programme triennal global d’un montant de 13,1 millions d'euros (environ 8 milliards et 600 millions de Francs CFA), qui vise à soutenir le secteur des minéraux à faible valeur dans 40 pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, à travers la promotion des échanges de connaissances pour accroître la productivité, ainsi que l’appui à la gestion des opérations minières afin d’adhérer aux normes nationales et internationales en matière d’environnement et de santé.

Plus de 28 pays africains participent au Programme, dont en Afrique Centrale la République du Congo, le Cameroun, le Gabon, la République Démocratique du Congo et le Rwanda.
Le choix de Brazzaville pour abriter cet Atelier Régional de Formation se fonde sur le vaste potentiel de Minéraux Négligés dont regorge la République du Congo et la volonté des autorités gouvernementales de déclencher une nouvelle dynamique de promotion du secteur afin d’en tirer tout le potentiel de développement. Les participants à la formation viennent du Cameroun, du Gabon, de Madagascar, de la République Démocratique du Congo et de la République du Congo.