Relever les défis et saisir les opportunités du nouveau monde du travail au Congo et dans le monde

14 déc. 2015

Le Ministère du Plan et de l’Intégration et le PNUD ont lancé le 14 décembre 2015 au Congo le 24ème Rapport sur le développement humain 2015, intitulé « Le travail au service du développement humain ». Ce rapport a été lancé mondialement le même jour par l’Administrateur du PNUD, Mme Helen Clark, à Addis-Abeba, en Ethiopie.

La cérémonie fut présidée au Congo par le Ministre du Plan et de l’Intégration, avec la participation du Ministre de la Fonction Publique et du Coordonnateur Résident du Système des Nations Unies.  

Le Rapport sur le développement humain examine cette année le lien entre le travail et le développement humain. Ce rapport plaide pour un travail équitable et décent pour tous et afin que le travail soit véritablement contributeur du développement humain.. Il met l’accent sur la promotion de tout type de travail, rémunéré, non rémunéré, volontaire, etc. Il recommande de prêter attention aux catégories de travail nuisibles au développement humain tel que le travail des enfants ou le travail forcé. Il demande aux différents acteurs de promouvoir un dialogue social et de relever les défis de la mondialisation et de la révolution technologique et numérique afin de saisir les opportunités offertes par le nouveau monde du travail dans le monde et au Congo.

 

Anthony Ohemeng-Boamah, Coordonnateur Résident du Système des Nations Unies a déclaré « Ces dernières années, le Congo comme beaucoup de pays d’Afrique subsaharienne a connu des taux de croissance importants, plus de 5% en moyenne. Cependant cette croissance n’a pas créé suffisamment d’emplois décents, qui permettent réellement une expansion du développement humain. Au Congo, selon le rapport OMD 2013, et alors que le taux de chômage a chuté, le taux de sous-emploi a augmenté pour représenter 27,8% en 2011. Dans l’ensemble du pays, plus de 4 travailleurs sur 10 (43,1%) sont pauvres. Il s’agit des personnes ayant un emploi, mais vivant en dessous du seuil de pauvreté. »

 

En 2015, le Congo a gagné 4 places dans le classement des pays selon l’Indice de Développement Humain, en passant de la 140ème place à la 136ème place. L’espérance de vie des congolais s’est aussi améliorée en passant de 61,7 ans à 62,3 ans. Ces progrès ont été soulignés par Mme Ginette Camara, économiste principale du PNUD, qui a livré une analyse de la situation mondiale en confirmant les progrès constants de l’humanité en matière de développement humain. Il est cependant fondamental de prendre en compte le contexte mondial changeant par le fait de la mondialisation et de la révolution technologique et numérique accélérés pour préserver le travail de qualité et la progression du développement humain.

 

 

Pauvreté multidimensionnelle et inégalités

 

Mme Ginette Camara a aussi reporté que selon le Rapport 2015, « En 2014, 1,5 milliards de personnes vivent dans la pauvreté multidimensionnelle » et que « Le taux de croissance de l’emploi mondial a ralenti depuis 2011 pour se situer à 1,4% . Le chômage de longue durée augmente. En 2015, 204 millions de gens sont sans emplois »

 

Quelque 830 millions d’individus dans le monde sont considérés comme des travailleurs pauvres vivant avec moins de 2 dollars par jour. Plus de 204 millions de personnes, dont 74 millions de jeunes, sont sans travail, alors que le travail forcé en touche 21 millions d’autres. De plus d’après l’Organisation Internationale du Travail, seulement 27 pour cent de la population mondiale bénéficient d’une protection sociale complète.

 

M. Hervé DIATA, professeur à la faculté des Sciences Economiques de l’Université Marien-Ngouabi, a livré une analyse détaillée des résultats congolais. Il a souligné la persistance des inégalités et du chômage. La proportion de la population touchée par la pauvreté multidimensionnelle est de 43%.

 

La question du genre au cœur du débat

 

M. Hervé DIATA a souligné que les femmes sont défavorisées par les déséquilibres dans le domaine du travail, tant rémunéré que non rémunéré. Seuls 11,5% des sièges parlementaires sont occupés par les femmes au Congo. L’Indice d’Inégalité de Genre (IIG) du Congo est très élevé il se situa à 0,593, il est le plus élevé du groupe des pays à développement humain moyen dont le Congo fait partie. D’après ce même indice, les femmes d’Afrique subsaharienne assument l’essentiel du fardeau du travail non rémunéré – généralement, elles sont responsables de plus des trois quarts du temps que leur ménage consacre aux soins non rémunérés. Lorsque les femmes sont rémunérées, à l’échelle mondiale, elles gagnent en moyenne 24 pour cent de moins que les hommes et occupent moins d’un quart des postes d’encadrement supérieur dans le monde. Le travail des enfants a aussi été identifié comme un frein au développement humain.

 

Le PNUD et le Ministère du Plan et de l’Intégration ont été très sensibles aux recommandations du panel d’expert pour une politique de promotion du travail, tel que :

·         Revisiter le projet de politique nationale de l’emploi en vue de la prise en compte de la promotion du travail, concept plus large ;

·         Repérer les technologies et les options d’investissement susceptibles d’accélérer la transformation structurelle de l’économie et du monde du travail,

·         Développer la base de compétences des travailleurs réels et potentiels en fonction des objectifs de cette transformation structurelle,

·         Améliorer le cadre institutionnel, légal et réglementaire et, plus généralement le système d’incitation, en vue d’une propension à l’investissement et d’une créativité accrue.