Renforcement des capacités des pêcheurs de Mossaka

30 oct. 2013

imageSéance de démonstration du salage de poisson. Photo. UNDP Congo

Les pêcheurs de Mossaka, localité située au nord du Congo dans le département de la Cuvette, longtemps considérés dans le pays comme les plus grands fournisseurs de poissons frais ou fumés, sont aujourd’hui en proie à de grosses inquiétudes au regard du fait que le fruit de leur labeur a diminué de manière très drastique.

En effet, arrosée par le puissant et majestueux Fleuve Congo et ses grands affluents tels l`Alima, la Likouala-Mossaka et la Sangha, la localité de Mossaka est la capitale du poisson au Congo. Sa population vit essentiellement de la pêche et de ses activités connexes à savoir, le salage et le fumage du poisson.

Un avantage naturel qui est malheureusement en perte de vitesse étant donné que la quantité de poissons pêchés ne cesse de diminuer au jour le jour.

«Ici à Mossaka nous n’avions pas besoin de saisons pour avoir du poisson. Mais aujourd’hui il nous est difficile de remplir même une petite pirogue. Je ne sais vraiment pas comment expliquer ce phénomène.

Comme mes parents et mes grands-parents, c’est dans la pêche que je suis né et c’est grâce à elle que mes enfants sont à l’université à Brazzaville. Nous sommes tous désespérés face à la productivité de poisson qui ne cesse de diminuer», explique M. Nicolas Yékèlè, pêcheur au campement Libana.

Conscients de cet état alarmant des choses et du fait que 80 % de la population de cette localité vit en dessous du seuil de pauvreté, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et le Ministère de l’Intérieur et de la décentralisation, à travers la Direction Générale des Collectivités Locales, y ont initié du 25 octobre 2011 au 2 novembre 2011 une formation sur l`aquaculture, plus précisément sur l`élevage des poissons en cage.

Près de cinq (5) Comités de Gestion et de Développement Communautaire (CGDC) mis en place avec l’appui du PNUD et dix (10) coopératives de pêcheurs ont été formés aux techniques des cages flottantes et de transformation du poisson.

Cette initiative très appréciée par les différentes parties prenantes, s`inscrit dans le cadre mondial et national de préservation des écosystèmes aquatiques et de conservation des ressources naturelles.

A titre d`exemple, cette technique de l`élevage en cage a fait de la Chine le premier producteur mondial du poisson, avec près de 64% de la production mondiale.

Notons que cette formation sur la technique de l'élevage en cage, une grande première en République du Congo, a été exécutée en deux parties théorique et pratique.« Les techniques nouvelles apportées aux groupements de pêcheurs visent la capture, l’élevage, la conservation et la transformation du poisson » a déclaré Mme Gisèle Yéla, Responsable du projet au PNUD.

En ce qui concerne l’élevage et la conservation, les pécheurs des CGDC de Libana, Lissounga, Okondo et Konda ont appris à fabriquer des cages flottantes : « il s’agit d’une infrastructure de 32 mètres-cubes de volume, capable de stocker jusqu’ à 600 poissons pour une durée de vie de plus de quatre mois », a précisé M. Edouard Kali Tchikati, l’un des formateurs.

Pour ce qui est de la transformation, les pêcheurs de Libelé, Malébou, de Bondo Bo Mayi , Pêche et développement, Vision de l`Avenir, Mabaka Bakanza et ceux de Mossaka-centre, ont été formés dans la production des poissons salés.

Pour ce faire, ils ont appris à construire des dessiccateurs qui sont des séchoirs améliorés faits en nappes plastiques dans laquelle la température avoisine les 50°C et qui permettent le séchage du poisson salé de qualité.