Imelda milite dans la réduction du risque d’infection à VIH

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Imelda, pair éducateur dans la lutte contre VIH SIDA à Gamboma. Photo. Christian K.

« Je n’utilisais pas de préservatif au cours de mes différents rapports sexuels parce que je considérais le sida comme une maladie des sorciers », c’est ainsi, presque en chuchotant, qu’Imelda explique son ignorance de la maladie. A 36 ans, ce pair éducateur, née à Gamboma, ancienne étudiante à l’université Marien Ngouabi, mesure sans doute le poids de toute déclaration sur les liens avec le déni de la maladie et le multi partenariat, aujourd’hui.

Les résultats de l’enquête de Séroprévalence et sur les Indicateurs du Sida au Congo (ESISC-I) 2009 révèlent que, la prévalence du VIH dans la population générale des femmes et des hommes de 15-49 ans est estimée à 3,2 %. Ce niveau est environ deux fois plus élevé chez les femmes que chez les hommes : 4,1% des femmes sont séropositives contre 2,1% des hommes.

Globalement, la prévalence est plus élevée en milieu urbain que rural. Cela est particulièrement vrai pour les femmes puisque le taux de séropositivité en milieu urbain atteint 4,6 % contre 3,3 % pour le rural. En revanche, on constate le contraire chez les hommes, la prévalence étant légèrement plus élevée en milieu rural qu’en milieu urbain (2,3% contre 1,9%).

A retenir

  • 3 centres pour femmes et filles sont opérationnels à EWO (Cuvette Ouest), à Gamboma (Plateaux) et Kinkala (département du Pool)
  • 86 paires éducateurs ont été formées dans ces centres
  • 4240 préservatifs ont été distribués lors des activités de formation et/ou de sensibilisation

Dans la sous-préfecture de Gamboma, en milieu rural, les 24314 femmes recensées n’échappent pas à cette situation. Imelda et bien d’autres filles de Gamboma doivent leurs connaissances au centre de formation pour femmes et filles sur les questions de lutte contre le VIH/SIDA, construit dans la localité.

Ce centre est une initiative du bureau du Programme des Nations Unies pour le Développement au Congo, grâce à l’appui de la section Congo de l’Organisation des Premières Dames d’Afrique contre le Sida (OPDAS), dans le cadre d’un projet commun intitulé : «Prévention du VIH/Sida chez les femmes et les filles dans les zones urbaines et rurales ».

« J’ai commencé à fréquenter ce centre dès les premiers jours de son ouverture, car il y avait un cyber café. Peu à peu les sessions de communication sur le SIDA, qu’on y développait, m’intéressaient. C’est ce qui m’a poussé à m’inscrive comme pair éducateur. Nous sommes nombreuses à être dans cette situation. Et, durant la formation, je découvrais l’immensité des risques que je prenais dans mes rapports sexuels et pour mon hygiène de vie. J’étais vulnérable », explique Imelda.

En plus du centre de Gamboma, le projet a construit deux autres centres à Ewo (département de la Cuvette Ouest) et Kinkala (Pool). Ces centres sont dotés chacun d’une grande salle polyvalente équipée en matériel audiovisuel et de projection de films, d’un cyberespace d’une capacité de 12 ordinateurs pour les recherches, d’une bibliothèque équipée et de bureaux d’appui-conseil sur le VIH/SIDA, les violences et les discriminations à l’égard de la femme, ainsi que des bureaux d’orientation et de promotion socioéconomique de la femme.

Les interventions des deux partenaires, avec l’appui du Conseil National de Lutte contre le Sida ont permis de former 86 pairs éducateurs dans ces localités. Elles ont déroulé plus de 10 000 sessions de sensibilisation sur le VIH/Sida ; 4240 préservatifs distribués lors des activités de formation et/ou de sensibilisation et 826 femmes, de 51 groupements ont bénéficié des microcrédits et d’appui-conseil pour mener des Activités Génératrices de Revenus.

Il ressort de l’Enquête Démographique et de Santé du Congo (EDSC-II 2011- 2012) que le taux des femmes ayant eu des rapports sexuels à hauts risques est passé de 31.2%, en milieu rural en 2005, contre33, 5 % 2012. La majorité des femmes (71 %) sensibilisées savent aujourd’hui que l’utilisation d’un préservatif à chaque rapport sexuel et la limitation des rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et qui n’est pas infecté, permettent d’éviter de contracter le virus.

« Nous avons quand même compris que le multi partenariat dans les rapports sexuels accroît le risque de contracter le VIH. Ce risque est d’autant plus important que l’utilisation du préservatif comme moyen de prévention est faible », a commenté Imelda.

Le budget initial du Projet s’élevait à 950 000 USD, financé à hauteur de 750 000 USD par la Coopération Sud-Coréenne et de 200 000 USD sur fonds propres du PNUD. De son côté, l’OPDAS-FCA, que dirige Mme Antoinette Sassou Nguesso, a mobilisé des ressources supplémentaires qui ont permis la construction et l’équipement des centres.

Dernière publication
Le Rapport d’évaluation du Projet de prévention du VIH/SIDA chez les femmes et les filles dans les zones urbaines et rurales en République du Congo

met en évidence les constats, les diagnostics et les leçons apprises au cours de la mise en œuvre de ce projet, et formule les recommandations y relatives. Ce Rapport d’évaluation du Projet prévention du VIH/SIDA fait aussi l’état des lieux des résultats et analyse ceux-ci.

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