Développer des plantes adaptées aux changements climatiques au Congo


Joachim cultive le chou, un légume adapté aux changements climatiques...Photo.UNDP Congo

Depuis quelques années, on observe une irrégularité des véhicules venant du sud, de la République du Congo avec des produits vivriers, stationner à la place du marché Boureau, dans le 1er Arrondissement de la Brazzaville, la capitale. Ce qui favorise la surenchère des denrées alimentaires sur le marché  et l’augmentation du coût de la vie dans cette agglomération.

Selon les experts congolais en climatologie, la raréfaction constatée des denrées alimentaires sur le marché de Brazzaville pose en toile de fond le problème de la modification pluviométrique qui a pour corolaire la perturbation des cycles culturaux dans le pays.

« Avant, par semaine il y avait quatre, cinq voire six gros véhicules qui rentraient de l’intérieur, remplis de bananes, de foufou, de manioc, d’oignon, d’ananas, d’avocat…, mais aujourd’hui, vous en avez à peine deux, si non un seul», constate Joséphine Loutangou, vendeuse de plantains et de bananes douces au marché Boureau.

A retenir

  • De nombreux cadres ont été formés au leadership pour soutenir les actions prioritaires d’adaptation dans le domaine de l’agriculture ;
  • Des pratiques agricoles mieux adaptées vulgarisées auprès des agriculteurs;
  • Plusieurs projets pilotes ont été mis en oeuvre dont un dans le domaine de l'agroforesterie;
  • Le processus de mise en place d’une stratégie nationale d’adaptation aux changements climatiques et d’un cadre législatif a été lancé avec le PAA,

« Nous nous lassons de sécher sous ce soleil sans rien avoir à revendre », s’inquiète Lucresse, une détaillante attendant que des véhicules viennent avec les produits mais en vain. « Nous nourrissons nos enfants à travers nos petits commerces mais le ciel ne nous sourit plus. Il ne nous envoie plus que le soleil accablant qui dessèche tout ce qui doit pousser, qui a besoin d’eau », regrette-t-elle.

« Si l’intérieur ne peut plus nous fournir en denrées alimentaires, s’inquiète Lucresse, notre nourriture « bio », qu’allons – nous devenir ? Quelles solutions proposer aux paysans ? Que deviendront – ils ? », S’interroge-t-elle.

Dans le but développer des compétences de leadership en matière d’adaptation aux changements climatiques pour susciter un plus grand niveau d’engagement et une amélioration de l’efficacité et de la performance des interventions, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) s’est associé au Ministère du Développement Durable de l’Economie Forestière et de l’Environnement pour lancer le Programme d’Adaptation Africain (PAA), le 23 août 2010. Ce programme a proposé des réponses aux  impacts du changement climatique sur l’agriculture pluviale. Car, ils entraînent une baisse de la productivité agricole qui a des conséquences sur la sécurité alimentaire.

Comme mesures d’adaptation proposées, le projet encourage, entre autres, l’utilisation des cultures résistantes au changement climatique …. Le PAA a sensibilisé les acteurs de la microfinance à la nécessité d’apporter des solutions de financement aux populations les plus vulnérables. La promotion des politiques en faveur d’une agriculture « intelligente face au climat », c’est-à-dire une agriculture capable de s’adapter à ses évolutions comme d’en atténuer les effets. Les exploitants agricoles devraient cultiver des légumes résistants afin qu’ils travaillent à développer des plantes adaptées aux conditions tropicales comme le chou qui en plus d’être compact est plus résistant aux parasites et a un rendement plus élevé.

Nanti de ces connaissances, Joachim Mouyala Mbemba, maraîcher à Boko dans le Département du Pool a sollicité un crédit dans une institution de microfinance de la place et cultive des légumes « des blancs » (chou, tomate, laitue, etc.). « Depuis que j’ai acheté la motopompe et cultive le chou, la tomate, la laitue (blonde, romaine et batavia), mes récoltes sont davantage meilleures et mes gains aussi ont augmenté. Je n’ai plus le cafard quand il n’y a pas de pluie», précise Joachim.

Dans le but d’améliorer la fertilité du sol pour une meilleure agriculture, le PNUD a planté 467 pieds d'eucalyptus et d'acacias dans le cadre du lancement d’un projet pilote d’Agroforesterie.