Education : L’école un patrimoine communautaire

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Vue des élèves dans une classe à l'école Primaire de Trois Francs à Brazzaville. Photo. UNDP Congo

« La plupart des parents des élèves qui fréquentent notre école sont démunis et ont beaucoup de mal à assurer la sco­larité de leurs enfants. C’est pourquoi le Comité de Gestion Communautaire (CGDC) qui veille au bon fonctionne­ment de l’école, initie des activités géné­ratrices de revenus (AGR) pour apporter un appui matériel à nos élèves mais aus­si au personnel enseignant » indique M. Jean François Mavoungou, Conseiller Technique au sein du CGDC et Directeur de l’école Trois Francs, située à Bacon­go, dans le deuxième arrondissement de Brazzaville.

Cette situation n’est pas unique en Répu­blique du Congo, un pays où, selon l’En­quête Congolaise auprès des Ménages (ECOM) réalisée en 2005, un peu plus de la moitié de la population vit en des­sous du seuil de la pauvreté.

A retenir

  • Le taux de réussite dans le primaire a atteint 92, 6 % en 2012, contre 62 % en 2003;
  • Une formation appropriée de 6 974 enseignants du primaire en cours d’emploi;
  • L’intégration de 3 044 enseignants bénévoles dans la Fonction Pu­blique.

En effet, la pauvreté constitue un obstacle majeur à la scolarisation et à l’éduction des enfants congolais. Les guerres à répé­tition que le pays a connues au cours des années 1990 se sont traduites par une réduction substantielle du niveau de vie des populations.

Sur le plan de l’éducation, ces crises ont laissé dans leur sillage un système éducatif affaibli, marqué par des taux bruts et nets de scolarisation en régression, avec des services éducatifs de très faible qualité et inégalement distribués.

Pour redresser le secteur et relever le défi que représentent l’éducation primaire pour tous, le Gouvernement congolais a entrepris des réformes profondes avec le concours de la Banque Mondiale.

C’est ainsi qu’en 2005, le projet d’Appui à l’Éducation de Base (PRAEBASE) qui compte quatre composantes, a été mis en place avec pour objectifs d’améliorer l’allocation et la gestion des ressources, la qualité des services de l’éducation et de réduire les inégalités dans la fourni­ture des services au niveau scolaire.

Le PNUD a été chargé de mettre en oeuvre la partie B du PRAEBASE dénommée « Réhabilitation/Construction et gestion communautaire des écoles ».

« La mission du PNUD est de réhabiliter et construire les infrastructures scolaires sur tout le territoire national et d'équiper en mobilier scolaire les salles de classes. Pour pérenniser cette action, nous met­tons en place et encadrons des struc­tures dénommées CGDC qui veillent au bon fonctionne­ment des écoles primaires considérées comme biens de la communauté » pré­cise M. Lamin Manneh, Représentant résident du PNUD au Congo.

Il convient de noter que pour bien accomplir leurs tâches, les CGDC qui sont constitués des chefs et des habitants des quartiers qui sont aussi parents d’élèves, bénéfi­cient des formations portant notamment sur (i) la gestion communautaire, (ii) les principes de base du génie civil et de la gestion financière, (iii) la création des AGR, Petits Projets d’Aménagement de l’Environnement scolaire (PPAES) et (iv) l’élaboration de leurs Plans de Dévelop­pement de l’école (PDE).

Grâce à ces formations, la plupart des CGDC développent des microprojets qui génèrent des ressources au profit des écoles  dont ils assurent la cogestion. C’est le cas de l’école primaire de Trois Francs, où le CGDC a développé un micropro­jet portant sur l’élevage des pondeuses.

« Grâce aux revenus engendrés par la vente de nos produits, nous comptons offrir chaque année aux élèves des kits scolaires et mettrons à leur disposition une cantine scolaire. Nous organiserons des émulations qui pousseront les élèves à améliorer leur rendement scolaire», souligne M. Jean François Mavoungou.

La vente des oeufs a également permis à l’école de fournir du matériel didac­tique à ses enseignants. C’est dans une salle de 6 mètres-carrés aménagée pour la circonstance au sein de l’école Trois Francs qui compte plus de 400 élèves, que les membres du CGDC élèvent 80 pondeuses qui produisent jusqu’à un peu plus de 2.000 oeufs par mois.

«Dans le mois nous faisons des entrées de l’ordre de 200.000 francs CFA. En plus de l’élevage des pondeuses, nos élèves ont développé une activité de maraîchage conformément au slogan du chef de l’Etat : Une école, un champ», renchérit M. Jean François Mavoungou.

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